Piero Golia ou le défaut de rematérialisation des œuvres

Piero Golia à voyagé de New York à Copenhague sans laisser de traces. - Illustration de Kaiido pour navicorp.org (cc-by-sa)Piero Golia

« Le 14 janvier 2005, l’artiste italien Piero GOLIA disparaît à New York. Il réapparaît trois semaines plus tard, au matin du 9 février, à l’Académie royale des arts de Copenhague. Entre ces deux dates, il n’a laissé aucune trace de lui, traversant les frontières illégalement, vivant et voyageant sans moyen de paiement traçable, se plaçant ainsi dans la peau d’un fugitif volontaire.

En 2001 déjà, en guise de participation à une Biennale de Tirana aux budgets de production et de transport limités, Piero GOLIA avait traversé l’Adriatique à la rame et à contre-courant des flux migratoires habituels, devenant ainsi le premier clandestin entre l’Italie et l’Albanie. Avec son projet de disparition programmée, il explore plus avant l’idée de l’artiste comme clandestin au monde. Lire la suite

« Occupy » comme modèle d’entreprise : la civilisation open-source émergente – Framablog

Le logo Framalang est réalisé par Harrypopof sous Licence Art Libre. Le réseau FramaSoft héberge en son sein une importante (qualitativement) équipe de traducteurs. Un gros travail de recherche et de discussion sur les textes à traduire est produit pour proposer des traductions de qualité sur des textes de qualité. Et tout ce petit monde fait ça bénévolement. La seule motivation apparente étant celle du plaisir du partage et la diffusion du savoir. Le travail est facilité par l’aspect collaboratif, et la bonne humeur qui règnent sur le « pad » (éditeur de texte collaboratif en ligne.).

L’équipe de traduction collaborative Framalang a très récemment traduit un texte de Michel Bauwens, théoricien, écrivain et fondateur du P2P Foundation. Dans ce texte, Bauwens étudie le mouvement « occupy » comme un signe de ce que pourrait-être l’économie dans quelques années, en se basant sur les « commons » (traduits par « biens publics »).
Je me dois de féliciter toute l’équipe des traducteurs pour cette traduction.
(la version actuelle n’est pas définitive, j’ai décidé d’extraire le texte dans l’état de finalisation actuelle, et de faire cette finalisation seul, il y a de fortes chances pour que la version finale diffère légèrement de celle-ci.

Texte traduit par : aKa, Gatitac, Hazei, @jr_dumas, pierreghz, pixeltoo, ThibowM TFRaipont et peut-être d’autres… Un grand merci à aKa et à tout son réseau FramaSoft.
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À la conquête de la Noosphère


Homesteading the noosphere Voir l'article open source credits

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Les joueurs, leurs réseaux et l’intelligence collective.

Les joueurs, leurs réseaux et l’intelligence collective.

(Traduit de sevenlevelsleft)

Texte original de Danielle Bailey

Pour la plupart, les jeux sont simplement plus drôles quand vous les partagez avec des gens. Henry Jenkins décrit l’intelligence collective comme « la capacité des communautés virtuelles à tirer profit de l’expertise combinée de leurs membres » (2006, Location). Beaucoup de têtes valent mieux qu’une et par l’usage des TIC, les joueurs sont très actifs pour contribuer à la communauté en ligne, en travaillant avec et en jouant contre d’autres pour devenir de meilleurs joueurs. Les connaissances de ces réseaux et comment les joueurs choisissent de partager leurs expériences sont très importants quand on en arrive à créer des jeux tant au contenu engagé que des campagnes marketing à succès.

Un exemple fantastique de comment fonctionne les réseaux peut être vu dans le projet Six Degrees de Kevin Bacon, un algorithme humoristique initialement conçu par un groupe d’étudiants en 1994. L’idée principale étant qu’à partir du « phénomène du petit monde » [ou paradoxe de Milgram] ; comme Hollywood n’est qu’un réseaux fermé, ça ne devrait prendre plus de six étapes pour connecter n’importe quel acteur à Kevin Bacon par les noeuds du réseau. Ce qui est impressionnant à propos de ce concept c’est qu’il semble avéré à une échelle globale. Lire la suite

Useless Utilities – Saul Albert

by Saul Albert

Useless Utilities

« The useless alone is truly beautiful; everything else is ugly, since it is the expression of a need, and man’s needs are, like his pitiful, infirm nature, ignoble and disgusting. – The most useful place in the house is the latrines »

Théophile Gautier’s 1835 Preface to Mademoiselle de Maupin is often cited as the manifesto of the romantic notion of « Art for art’s sake ». While his feelings about his fellow humans seem thankfully outdated, it is surprising and disturbing that his feelings about aesthetics are still widespread and even worse, misunderstood.

There is a common misconception in art and technology crossovers that any cultural product can become art if it is robbed of its utility, that the product of a scientific or technological process is art if it has been done simply because it can be done. This misunderstanding replaces « art for art’s sake » with « anything for it’s own sake ». Lire la suite

Internet ravit la culture – owni.fr

par André Gunthert

Le 19 novembre 2011

Internet ravit la culture


En créant une zone de réappropriation illimitée des contenus, le web ouvre la voie au remix populaire de la culture. Un fait majeur dans l’histoire de la propriété intellectuelle et de la création que décrypte André Gunthert, chercheur à l’EHESS.

Dans son célèbre article “L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique”, publié en 1939, Walter Benjamin dessine l’opposition paradigmatique de deux cultures[1]. Face à l’ancienne culture bourgeoise, appuyée sur le modèle de l’unicité de l’œuvre d’art, les nouveaux médias que sont la photographie et le cinéma imposent par la “reproductibilité” le règne des industries culturelles.

Un demi-siècle plus tard, la révolution des outils numériques nous confronte à une nouvelle mutation radicale. La dématérialisation des contenus apportée par l’informatique et leur diffusion universelle par internet confère aux œuvres de l’esprit une fluidité qui déborde tous les canaux existants. Alors que la circulation réglée des productions culturelles permettait d’en préserver le contrôle, cette faculté nouvelle favorise l’appropriation et la remixabilité des contenus en dehors de tout cadre juridique ou commercial. Dans le contexte globalisé de l’économie de l’attention[2], l’appropriabilité n’apparaît pas seulement comme la caractéristique fondamentale des contenus numériques : elle s’impose également comme le nouveau paradigme de la culture post-industrielle. Lire la suite

  1. [1] Walter Benjamin, “L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique”, édition de 1939, trad. de l’allemand par M. de Gandillac et R. Rochlitz, Œuvres, t. 3, Paris, Gallimard, 2000, p. 269-316.
  2. [2] Voir Richard A. Lanham, The Economics of Attention. Style and Substance in the Age of Information, Chicago, University of Chicago Press, 2006.

Un cheval de Troie : Dan Meththananda

Dan Meththananda

Lors du 56ème Salon de Montrouge, parmi les jeunes artistes et étudiants en art qui se sont agglutinés dans des boxes dignes de la foire au vin, une proposition a su me captiver. Celle de Dan Meththananda.

Le Salon de Montrouge m’a semblé très dangereux mais révélateur de l’état de l’art contemporain et de celui des écoles d’art à l’heure des réformes dites « de Bologne ». Près de 80 jeunes artistes se sont retrouvés dans cet entrepôt pour présenter leurs travaux.
Toute l’institution artistique était présente : Ministère de la culture, Centres d’art, Écoles d’art, critiques d’art, artistes. Les étudiants qui présentent leur travaux n’ont parfois pas encore eu l’aval du diplôme, leur pratique n’est pas encore construite. On leur propose pourtant de « remporter » une place d’exposition au Palais de Tokyo. Lire la suite

Vers une économie de la transition – Owni.fr – Geek Politiks

Vers une économie de la contribution

Le 30 novembre 2011

 

La solution du capitalisme à bout de souffle pourrait bien être à chercher du côté des logiciels libres. Bernard Stiegler, philosophe, appelle à passer « du consumérisme toxique à une économie de la contribution ».


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Le succès de Foldit : jouer pour la science – Internet Actu

Le succès de Foldit :
jouer pour la science

 

 

 

Par Rémi Sussan
le 31/08/10

 

De toutes les applications soi-disant “web 2″ ou faisant appel à l’intelligence collective, Foldit pouvait apparaître, lors de sa sortie en 2008, comme la plus prometteuse, tant elle semblait au confluent des différentes tendances actuellement en gestation : d’abord, il s’agissait d’un vrai moyen de “changer le monde par le jeu” qui abolissait la frontière entre éducation et recherche. C’était aussi la première “vraie” application de biohacking: soyons honnête, il n’est pas encore venu le temps ou chacun bricolera l’ADN dans sa cuisine. Mais agir sur des simulations informatiques d’authentiques structures biologiques (et non sur des formalisations abstraites, comme c’est le cas avec les systèmes de vie artificielle), avec la promesse d’obtenir des résultats pertinents dans le monde réel, voilà ce que permet Foldit, et c’est sans doute ce genre d’outils qu’utiliseront les “biohackers” de demain. Lire la suite

Le prix de la production intellectuelle – OWNI

La dématérialisation provoquée par Internet a chamboulé le modèle économique de la production intellectuelle. Est-il encore légitime de vendre un ensemble de titres au même prix qu’un CD ou des pages de texte au prix d’un livre ?

par william Vandenbroek

Le 8 novembre 2011

Il n’y a rien de plus utile que l’eau, mais elle ne peut presque rien acheter ; à peine y a-t-il moyen de rien avoir en échange. Un diamant, au contraire, n’a presque aucune valeur quant à l’usage, mais on trouvera fréquemment à l’échanger contre une très grande quantité d’autres marchandises.

Adam Smith

Au Moyen Âge, le livre se vend comme un diamant, c’est un objet rare, difficile à produire et à distribuer. Il s’échange à des prix très élevés et reste la propriété des classes fortunées. Il est conservé précieusement dans des bibliothèques et fait la fierté de ses possesseurs.

Au XXIe siècle, la connaissance se déverse à torrents dans les canaux numériques. Lire la suite